Comment résister à une infection prolongée ?

Consigne : Faire l’enquête proposée par le livre scolaire
Mission : Lisa se demande pourquoi tant de gens portent le virus de la mononucléose et pourquoi certaines personnes n’arrivent pas à se défendre contre ce virus. On lui a dit que ces personnes ne produisaient pas assez d’anticorps propres à cette maladie dans leur sang. À partir des documents, expliquez-lui sous la forme d’un schéma d’où viennent les anticorps, leur rôle dans la défense immunitaire et dans quel cas on peut les utiliser pour soigner des personnes.
Si vous préférez ne pas faire de schéma et donc rédiger, vous êtes libres de choisir.
Il y a 6 documents mis à disposition pour répondre. Pour commencer, il faut se demander quelle information importante vous donne chaque document. Par exemple, le document 1 met en évidence le fait que la phagocytose (révisions de 4e) ne suffit pas toujours pour éliminer un micro-organisme. Le virus impliqué dans la mononucléose passe au travers donc ça soulève une question : comment notre organisme peut faire pour lutter contre ce virus ?
Quelles informations pouvez-vous extraire des documents suivants ?

Correction à reprendre si vous êtes courageux sinon il vous faut au moins le bilan et le vocabulaire

Le document 1 permet de faire le point sur la défense de l’organisme. Ici, il est bien dit qu’en cas de contamination par le virus provoquant la maladie mononucléose, la réaction immunitaire innée (reconnaissance du virus par les leucocytes et phagocytose) n’est pas toujours suffisante pour "vaincre" l’infection. Donc cela sous-entend que notre organisme a un plan B afin de se défendre.

Le document 2 vous montre des expériences réalisées sur des cobayes (oui oui ces bestioles s’appellent réellement comme ça). Tout d’abord, on injecte des bactéries provoquant le tétanos aux cobayes du lot A. Résultats, la majeure partie des cobayes meurt alors qu’une petite partie d’entre eux survit.
On récupère du sérum chez les survivants du lot A. On prend un autre lot de cobayes (lot B) à qui on injecte les bactéries provoquant le tétanos mais aussi du sérum qui a été récupéré chez les survivants du lot A. Et là, surprise, tous les cobayes du lot B présentent les symptômes du tétanos pendant 7 jours, mais cette fois ils survivent TOUS.
Donc on peut conclure qu’on trouve quelque chose dans le sérum des cobayes survivants du lot A qui permet de vaincre le tétanos puisque leur sérum a permis de sauver tout le lot B.

Mais c’est quoi le sérum ? Le document 3 vous dit que le sang est composé de cellules du sang et de sérum. Et autre information, le sérum contient des anticorps qui sont produits par certains lymphocytes (un type de globules blancs).
Donc ici on peut émettre l’hypothèse que ce sont les anticorps produits par des lymphocytes, qui sont dans le sérum, qui ont permis de vaincre les bactéries du tétanos de l’expérience du document 2.

Pour savoir si l’hypothèse est vraie, on utilise le document 4 qui décrit des résultats d’un contrôle vétérinaire fait sur des troupeaux de vaches.
On veut savoir si 3 troupeaux de vaches présentant les signes d’intoxications alimentaires, sont infectées par des bactéries.
Le tableau montre des échantillons de sang sur lesquels on utilise un sérum anti-salmonelle ou un sérum anti-listeria. Les colonnes 1 et 2 sont des expériences témoins car elles montrent que :

  • Le mélange sérum anti-salmonelle + sang contenant la listéria ne présente pas d’agglutination,

  • Le mélange sérum anti-salmonelle + sang contenant la salmonelle présente une agglutination,

  • Le mélange sérum anti-listéria + sang contenant la listéria présente une agglutination,

  • Le mélange sérum anti-listéria + sang contenant la salmonelle ne présente pas d’agglutination.

On vous dit que l’agglutination est le résultat pour un test positif. Mais attention, les témoins montrent bien qu’il y a une SPECIFITE des sérums. Le sérum anti-listéria ne "reconnaît" que la listéria et le sérum anti-salmonelle ne "reconnaît" que la salmonelle (les témoins servent à montrer cette spécificité).
Troupeau 1 : Test positif pour la listéria seulement.
Troupeau 2 : Tests négatifs pour la listéria et la salmonelle.
Troupeau 3 : Test positif pour la salmonelle seulement.
Donc le troupeau 1 est porteur de listéria, le troupeau 3 est porteur de salmonelle et le troupeau 2, s’il est malade, est porteur d’un autre agent pathogène car il est négatif pour la listéria et pour la salmonelle.

Ensuite, vous devez traiter le document 5 car il vous montre un schéma d’anticorps et de bactéries Listéria et Salmonelle. Le schéma montre qu’un lymphocyte B présent dans le sang (et une précision supplémentaire pour le nom des cellules qui nous intéressent et leur localisation) sont capables de produire un seul type d’anticorps. Puis on vous dit qu’une forme d’anticorps ne reconnaît qu’un seul antigène (SPECIFITE ANTICORPS/ANTIGENE).

Ensuite, on vous dit qu’un antigène est présent à la surface des bactéries. Une bactérie présente un antigène qui lui est propre donc ici on voit bien que l’antigène présent sur les bactéries Listéria est différent de l’antigène présent sur les bactéries Salmonelle.
Donc on en déduit qu’un lymphocyte B qui produit des anticorps reconnaissant l’antigène listéria (le schéma ci-dessus montre que les extrémités de l’anticorps ont une forme permettant d’englober un seul antigène) ne sera utile qu’en cas d’infection par la listéria. Et un lymphocyte B qui produit des anticorps reconnaissant l’antigène salmonelle ne sera utile qu’en cas d’infection par la salmonelle.

Grâce aux documents 4 et 5, on peut déduire que l’hypothèse émise plus tôt est vraie. Les anticorps produits par des lymphocytes B, cellules présents dans le sang, permettent de "vaincre" des agents pathogènes grâce à un phénomène d’agglutination (cf vocabulaire ; Schéma ci-dessous). Cette agglutination facilite l’élimination de l’agent pathogène reconnu.

Le document 6 parle d’anticorps comme traitement. Ici, on vous dit qu’on sait produire des anticorps spécifiques d’un antigène donné et qu’ils pourraient être utiliser pour vaincre certaines maladies car ils empêchent la multiplication de l’agent pathogène en plus de faciliter le mécanisme de phagocytose.

BILAN : Comment résister à une infection prolongée ?
L’activité nous permet de faire un premier bilan sur la réaction immunitaire dite adaptative. Lorsqu’une infection, telle que la mononucléose, résiste au mécanisme de phagocytose (de la réaction immunitaire innée) alors une nouvelle réaction s’active. Les lymphocytes B (une sorte de globules blancs) présents dans le sang vont entrer en action. Ces derniers produisent des molécules particulières, les anticorps. Ces anticorps vont alors reconnaître spécifiquement un antigène qui est présent dans l’organisme, ici le virus de la mononucléose, ils vont s’y fixer et ainsi provoquer l’agglutination, afin de bloquer la multiplication de l’infection et surtout ils vont faciliter l’élimination du virus en permettant le mécanisme de phagocytose.

Vocabulaire à retenir :
Une agglutination : réaction qui se produit entre un anticorps et l’antigène qu’il reconnaît.
Un anticorps : molécule produite par les lymphocytes B.
Un antigène : molécule caractéristique d’un micro-organisme et reconnue par un anticorps.
Un lymphocyte B : leucocyte s’attaquant spécifiquement à un micro-organismes.
Un sérum : partie liquide du sang contenant les anticorps et les autres molécules produites par les cellules du sang.